1
avr 2011
LE PETIT SAPIN BONHEUR.
Posté dans Narrations/Contes par lesfablesdechabreh à 3:30 | Pas de réponses »

 

                          

Il était une fois, dans une profonde vallée d’Alsace cachée au cœur des Vosges, un joli petit sapin blotti entre papa et maman.

Les derniers rayons du soleil, dans un ciel encore tout bleu et sans nuages, faisaient scintiller les milliers d’arbres engourdis par le froid sous un épais manteau de neige.

C’était la veille de Noël et, dans quelques heures, la fête illuminerait les maisons et les cœurs.

Au fond de sa vallée, le petit sapin était très malheureux. Tout beau, tout droit et bien touffu, à peine revêtu de neige car abrité sous la ramure de ses parents, il pleurait depuis des heures parce qu’une affreuse araignée s’était emparée de ses aiguilles. Elle y avait tissé une toile immense au centre de laquelle elle s’était installée pour l’hiver. Par sa faute, les hommes venus couper des sapins pour décorer les maisons, ne lui avaient jeté qu’un regard méprisant. Qui aurait voulu de lui, ainsi arrangé ?

Papa et maman avaient beau essayer de le consoler, le petit sapin ne pouvait retenir ses larmes et même la tombée de la nuit, avec son cortège de froidure, ne parvenait à endormir son chagrin.

 Désespéré, il pleurait doucement lorsqu’un rayon de lune vint soudain se poser sur lui. Surpris, il se redressa et assista, médusé, à l’arrivée d’une fée. Tout habillée d’argent, sa longue chevelure d’or lui couvrant les épaules, elle chevauchait le rayon de lune et tenait une baguette au bout de laquelle brillait une étoile. En se posant, elle tendit vers lui sa baguette et demanda :

- Pourquoi tout ce chagrin, joli petit sapin ? Dans quelques heures Jésus va naître et son père veut que le monde entier soit heureux.

- Ne vois-tu pas ce qui m’arrive, Madame la fée ? Une méchante araignée m’a couvert de vilains fils gris et les hommes n’ont pas voulu de moi pour décorer leurs maisons. Je suis pourtant certain d’être né pour apporter du bonheur aux petits enfants ! Regarde-moi, je n’ai pas de défauts, mes parents y ont veillé.

- Pourquoi te plains-tu ? Tu devrais être heureux, au contraire ! La vilaine araignée t’a permis de rester en vie. Elle partira un jour et tu pourras grandir entre tes parents.

- Mais je ne veux pas rester ici, sans autre avenir que d’être un jour transformé en un tas de bois à brûler ! Je te dis que je suis né pour voir briller la joie dans le regard des enfants et leur donner du bonheur ! Tu dois pouvoir m’aider, toi, puisque c’est le père de Jésus qui t’envoie.

La jolie fée sembla hésiter un moment, puis, devant la douleur persistante du petit sapin, elle sourit et tendit à nouveau sa baguette magique. Elle la posa au cœur de la toile et, dans le même instant, l’araignée se métamorphosa en une étoile d’où partirent des guirlandes d’argent qui scintillèrent sous la Lune. D’un autre geste de sa baguette elle fit tomber des pommes de pins et les disposa sur ses petites branches où elles se transformèrent en boules de lumière.

- Là, es-tu heureux ? lui demanda-t-elle.

- Je suis si beau maintenant, jolie fée, mais qui viendra encore me chercher si loin des hommes et alors que la nuit descend ?

- Ne t’inquiète pas, petit, ton bon cœur sera récompensé, lui répondit-elle.

Sur ces mots la fée remonta sur le rayon de lune et l’ombre envahit à nouveau ce petit coin de la vallée.

Non loin de là, dans une clairière isolée au milieu de la vaste forêt, vivait un pauvre bûcheron avec sa femme et ses deux petits garçons. Dans la modeste cabane qui leur servait d’habitation, la seule lueur de gaieté émanait du feu dont les flammes leur réchauffaient le corps. La femme était malade et le bûcheron avait utilisé le peu de sous dont il disposait encore pour acheter des médicaments. Les bambins adoraient leur maman et de savoir que grâce aux médicaments elle allait pouvoir guérir suffisait à leur faire oublier que Noël, cette année-là, ne serait pas une vraie fête pour eux.

Mais pour le pauvre bûcheron la tristesse de cette nuit, qui aurait dû apporter un peu de joie à ses petits, devint vite intolérable. N’y tenant plus il sortit de la cabane et s’assit sur un petit banc de bois qu’il avait réalisé de ses mains. Indifférent au froid et à la neige qui le recouvrait lentement il se mit à prier, implorant le ciel de faire en sorte que sa femme guérisse vite et que ses enfants ne soient pas trop malheureux en cette nuit magique.

Tandis qu’il priait minuit sonna au clocher du village, quelque part au loin, mais il ne l’entendit pas. C’est un petit rire cristallin qui le sortit de son engourdissement. Il leva les yeux et sous son regard étonné, dans une bulle de clarté, souriait la fée habillée d’argent. De sa baguette magique elle montrait le petit sapin qui ruisselait de mille lumières. Le plus étrange c’est que le petit sapin était debout sur ses racines qui remuaient doucement. Le bûcheron se dressa, ne sachant plus s’il devait en croire ses yeux ou si la folie s’était emparée de son âme désespérée. C’est alors que la jolie fée parla :

- Il est minuit, brave bûcheron, Jésus vient de naître et la joie doit régner dans tous les cœurs. Tes prières ont été entendues et cette nuit ne verra pas la tristesse régner sur ta maison. Prends ce petit sapin. C’est lui qui a demandé à faire le bonheur d’un foyer. Demain, trouve-lui un emplacement proche de ta cabane où cacher ses racines. C’est un sapin enchanté, un sapin bonheur. Il grandira près de vous et sera votre compagnon pour la vie. Vous vivrez heureux à ses côtés, désormais et ta femme va guérir très vite.

Avant que le bûcheron ait pu balbutier quelques mots de remerciement il y eut un bref éclair et la fée disparut, le laissant planté, indécis, face au petit sapin dont les racines s’agitaient toujours.

- Veux-tu bien me rentrer, s’il te plaît, bûcheron, j’ai un peu froid aux racines et les gâteaux accrochés à mes branches par la gentille fée n’aiment pas la neige !

Eh oui ! La nuit de Noël, même les petits sapins sont capables d’utiliser le langage humain. Il suffit seulement d’y croire fort, très, très fort.

                                                                             

                                                                        Solange et Antoine CHABREH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                    


Fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Inspiration sans Nom |
andreana's heart shaped box |
une prof pour ses élèves |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | impressionsexpressions
| L'itinéraire égaré
| Chez Mireille